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Etude KPMG : les revenus des droits TV des cinq grands championnats

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Le cabinet d’audit international KPMG, via sa branche KPMG Football Benchmark, a dévoilé cet été une étude sur les revenus des droits TV générés par les cinq grands championnats européens (Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie). Au-delà de la tendance générale à l’augmentation des droits TV, l’étude met en évidence les fortes disparités existant d’un championnat à l’autre dans le partage de ces recettes entre les clubs les mieux et les moins bien lotis.

Des disparités de répartition entre clubs

S’agissant des clubs d’un même championnat, la répartition des droits TV entre les clubs varient sensiblement d’une ligue à une autre :

  • En Premier League, Liverpool, qui perçoit les revenus issus de droits TV les plus importants avec 248M€-saison, récolte « seulement » deux fois plus que le club disposant des revenus les plus faibles (Stoke City, 114M€).
  • En Liga, l’écart est plus significatif, puisque le Real Madrid obtient six fois plus de revenus que Leganès
  • Le delta le plus grand se situe en Série A, où la Juventus dispose de droits TV dix fois plus importants que le petit poucet italien Crotone.
  • En Ligue 1, lors de la saison 2017/2018, le PSG a perçu 56,7M de droits télévisés, soit presque 4 fois le montant obtenus par l’ESTAC (15,7M€).

A noter également que la part des droits TV dans le budget total est très sensiblement plus importante pour un « petit club » que pour une équipe habituée à jouer les premières places : les droits TV représentent respectivement 79%, 77% et 74% du budget des trois clubs précédemment cités (Stoke City, Leganes et Crotone) contre 48% pour Liverpool, 36% pour le Real, et 50% pour la Juve.

Source : KMPG

Le retard de la France sera en partie comblé à partir du nouveau cycle 2020-2021 puisque ses droits domestiques ont augmenté de 59%.

L’exemple de la Premier League, leader incontesté des revenus audiovisuels

Lors de son lancement en 1992, le nouveau format du championnat anglais avait pour principal objectif le développement des revenus liés aux droits TV : cette année-là, les meilleurs clubs du championnat signèrent un accord pour la création de la FA Premier League, indépendante de la Fédération Anglaise de Football, afin de pouvoir négocier eux-mêmes leurs droits TV.  En s’appuyant sur une hausse considérable du nombre de spectateurs dans les stades et sur l’intérêt croissant du public national et international, les clubs du championnat ont pu largement augmenter la valorisation de leurs droits TV.

Droits domestiques et internationaux confondus, ces derniers représentaient £246M lors du premier cycle d’offres (1992-1995), pour atteindre dix fois cette valeur lors du cinquième cycle (£2,4Mds / 2007-2010). Si les droits domestiques vont diminuer lors de la prochaine période (2019-2022 ; dû notamment à un recul par rapport au pic de 2016-2019 (2,034Mds€-saison), la nouvelle progression des droits internationaux rapportera aux clubs anglais un total de 10,06Mds€ (soit 3,35Mds€ par saison). Le Première League est ainsi devenue la troisième ligue sportive la plus lucrative au monde derrière la NFL et la MLB, et le club de West Bromwich Albion, qui a terminé dernier lors de la saison 2017-2018, a  perçu plus de revenus issus des droits TV que les 15 premiers clubs de LaLiga, ainsi que l’ensemble des clubs de Ligue 1.

La première division anglaise est également la seule qui perçoit plus d’un milliard d’euros de droits TV internationaux (1,582mds€)… soit 20 fois plus que les droits générés par la Ligue 1 lors du cycle 2016/2020. Il est vrai que le championnat anglais est diffusé dans plus de 200 pays et a touché 4,7 milliards de téléspectateurs lors de la saison 2017-2018.

Revenus issus des droits TV internationaux des 5 grands championnats européens

Source : KPMG 

La capacité des clubs à négocier collectivement les droits depuis la création du championnat, figure sans doute parmi les ressorts de leur montée en puissance dans la mesure où cela a renforcé leur pouvoir de négociation. A l’inverse, par exemple, les clubs de la Liga ont d’abord vendu leurs droits individuellement et n’ont adopté le modèle collectif qu’en 2015 ;

La concurrence entre plusieurs enchérisseurs (avec, notamment, dans la phase récentre le face-à-face Sky / BT) en est une autre explication. En Allemagne, la Bundesliga a introduit la règle du non-acheteur unique pour le cycle 2017-2019, sur l’injonction de l’autorité de régulation de la concurrence nationale… Et les droits TV domestiques ont bondi de 85% par rapport à la période précédente.

La Ligue 1, de son côté, terminera à la fin de la saison 2019-2020 le cycle qu’elle a débuté en 2016-2017, 726M€ de recettes de droits TV domestiques par saison, soit 1,9M€ par match pour 380 matchs vendus. Lors de la période 2020-2021 à 2023-2024, elle verra ses revenus audiovisuels progresser de 59%, à 1,153 milliard d’euros par saison (3M€ par match pour 380 vendus). Le groupe audiovisuel espagnol, Mediapro, a remporté les lots principaux et co-diffusera la Ligue 1 avec BeIN Sports. Canal+, le partenaire historique du championnat de France de football depuis 1984 ne diffusera plus la compétition.

Revenus issus des droits TV domestiques des 5 grands championnats européens

Source : KPMG 

 

 

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