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La Formule 1, centre d’attention des diffuseurs

Ce dimanche, le Grand Prix de Melbourne en Australie lancera le départ de la saison 2020 de Formule 1. Canal+, diffuseur de la compétition, lancera pour l’occasion une chaîne spécialisée sur son service myCANAL. Mais cette saison, le groupe français ne sera pas le seul acteur à faire de la diffusion de la compétition-reine de l’automobile l’une de ses armes principales.

La reprise d’une machine à cash universelle

En marge de la reprise de la nouvelle saison de Formule 1 ce dimanche en Australie (dont la tenue ne sera pas impactée par des mesures sanitaires liées au coronavirus), Formula One Group a dévoilé les résultats financiers de la saison 2019, avec un chiffre d’affaires-record. Effectivement, avec un CA en progression de 11% vs 2018, la Formule 1 a généré l’an dernier 2,022Mds€ de revenus. Plus encore, pour la première fois depuis l’acquisition de la compétition par Liberty Media (qui a racheté l’ensemble de l’exploitation de la Formule 1 pour 7,1Mds€ en 2017), Formula One Group dégage un bénéfice, de 15M€, contre un déficit de 31M€ en 2018.

Il faut dire que la popularité de la Formule 1, de ses écuries et de ses pilotes, est en croissance constante. La saison dernière, la Formule 1 a enregistré une affluence cumulée sur les courses de 4,2M de spectateurs (avec une moyenne de 198 000 personnes par week-end), soit une augmentation de 2% vs 2018.

Sur les réseaux sociaux, les différents comptes de la Formule 1 cumulaient 24M de followers fin 2019, soit 33% de plus qu’à fin 2018. A date du 10 mars 2020, se sont ajoutés 1,8M de followers supplémentaires en 3 mois (soit +7,5% vs 31 décembre 2019).

Les écuries de F1 sont également très largement suivies sur les réseaux, puisque les leaders Mercedes AMG-Petronas (18,5M), Scuderia Ferrari (11,7M), et Red Bull Racing (17M) cumulent 47,2M d’abonnés sur Facebook, Twitter, Instagram et YouTube, non dédupliqués. Côté pilote, la popularité est encore plus marquante, avec en tête le sextuple champion du monde, Lewis Hamilton qui compte à lui seul 24,4M de followers.

Côté TV, l’audience cumulée a atteint 1,92 milliard de téléspectateurs pour 471M de téléspectateurs unique, comprenant plus de 200 diffuseurs à travers le monde. Et si les revenus issus des droits TV représentent plus du tiers des recettes de Formula One Group (38%)[1], Liberty Media a lancé en parallèle, il y a deux ans, son propre service OTT, F1TV, afin de toucher directement les fans de F1 en contournant le mode de diffusion traditionnel à la télévision.

Sans publicité et disponible en 4 langues (à la manière du NBA League Pass), ce lancement marquait le premier virage fait par Liberty Media pour la transformation digitale de la F1, qui avait également tardé à s’implanter sur les réseaux sociaux avant l’arrivée du groupe. Si le nombre d’abonnés à la plateforme de streaming n’a pas été communiqué par LM depuis son lancement, le groupe a décidé de diviser par trois le prix de son abonnement en France pour le début de la saison 2020, passant ainsi de 190€/an à 65€/an.

Avec ce nouveau tarif beaucoup plus attractif, la question d’une concurrence avec Canal+, diffuseur principal en France de la F1, et qui co-diffuse ad minima déjà deux Grands Prix avec TF1, pourrait prendre une ampleur plus significative.

Canal+ s’arme face aux autres diffuseurs

Diffuseur de la compétition-reine du sport automobile depuis 2013, le groupe Canal+ et la Formule 1 ont annoncé début 2020 la prorogation du contrat de diffusion de la F1 pour deux années supplémentaires. Cet accord assure à Canal+ non seulement la diffusion en direct de tous les Grands Prix de Formule 1, mais lui permet également de retransmettre les magazines autour de la discipline, ainsi que la Formule 2 et la Formule 3.

Lors de la dernière saison, la diffusion des 16 Grand Prix de Formule 1 avait réuni en moyenne 701.000 téléspectateurs sur Canal+, permettant de capter 6,9% de PdA en moyenne, soit un gain 171.000 téléspectateurs et de 0,8 points de PdA comparé à 2018. L’an dernier, la meilleure audience avait été obtenue grâce au Grand Prix d’Italie, qui avait rassemblé 1,2M téléspectateurs (12,1% de PdA). Egalement, grâce à des diffusions matinales, les parts d’audience des Grand Prix d’Australie (16 mars) et du Japon (12 octobre) avaient permis à Canal+ de capter respectivement 17,0% et 12,2% des individus 4+ lors de leur retransmission. En marge des Grands Prix, Canal+ diffuse également, pour certains d’entre eux, les essais libres le vendredi et les séances de qualification le samedi. S’agissant de ces dernières, par principe moins populaires que la course du dimanche, les qualifications du Grand Prix de Monaco avaient néanmoins permis de rassembler 456 000 téléspectateurs (5,2% de PdA), soit un score d’audience supérieur à d’autres compétitions sportives diffusées par Canal+ (Top 14 et Moto GP notamment).

Preuve de la consolidation de l’appétence pour la Formule 1 sur Canal+, la chaîne cryptée a également réussi à capter des téléspectateurs des courses diffusées en simultanée sur TF1. La première chaîne, qui diffusait en exclusivité la compétition jusqu’en 2012, avait réuni en moyenne 2,6M de téléspectateurs lors de cette dernière saison. Depuis 2018, le repositionnement de TF1 sur la diffusion de 3 à 4 Grands Prix par saison s’est accompagné d’une baisse d’audience, la chaîne étant désormais concurrencée par Canal+. En effet lors de la saison 2018, la moyenne des 4 Grands Prix diffusés sur la première chaîne était de 1,9M de téléspectateurs, et de 1,7M la saison dernière, soit 900 000 téléspectateurs de moins en moyenne vs 2012.

De plus, afin de fidéliser les fans de F1,  Canal+ a annoncé le lancement ce jeudi 12 mars de Canal+ Formula 1, une chaîne dédiée à la F1, proposée à ses abonnés sur myCANAL (abonnés à Canal+ Sport), calquée sur les modèles déjà existants de Canal+ Premier League et Canal+ Top 14. Ce nouveau canal diffusera chaque week-end de Grand Prix un flux ininterrompu de l’ensemble des courses (essais libres, qualifs, paddocks…), et ce pour toutes les catégories (F1, F2 et F3). En marge de ces diffusions purement sportive, le Groupe Canal+ étoffe également son offre F1 avec la diffusion d’une nouvelle émission consacrée à la F1, La grille, et suivra, tout au long de la saison les performances du pilote français de F1 Esteban Ocon, dans une mini-série Ocon 360.

Le 28 février dernier, Netflix a mis en ligne la deuxième saison de sa série documentaire sportive Formula 1 : Drive to Survive, en immersion avec les écuries et les pilotes du paddock. Si la saison 1 s’était placée au 156ème rang des programmes SVoD les plus regardés au mois de mars 2019 sur l’ensemble des plateformes étudiées par le Baromètre de consommation SVoD NPA-Harris Interactive, la saison 2 a également connu un bon accueil dans l’univers SVoD. Effectivement, la première semaine de consommation de la nouvelle saison a placé le titre en seconde place des programmes les plus visionnés dans la catégorie « Autres » (qui exclut films, séries et formats jeunesse), devant des programmes très prisés des utilisateurs de Netlfix comme I Am A Killer, Love is Blind ou encore L’Essor de l’Empire Ottoman.

[1] Les autres revenus sont complétés par les droits d’entrées aux courses à hauteur de 30%, le sponsoring représentant 15% des revenus, et les 17% restants sont issus des hospitalités dans les Paddock et le digital.

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