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Crise du Covid-19 & sponsoring : quelles sont les fédérations sportives les plus à risque ?

S’il est difficile de mesurer les effets de la crise du coronavirus sur l’ensemble de l’activité économique, certains secteurs (Tourisme, Automobile, Distribution…) sont d’ores et déjà sensiblement plus impactés que d’autres. SPORT INDEX a étudié les risques économiques encourus par les différentes fédérations sportives, en fonction du secteur d’activité des sponsors et partenaires qui les accompagnent.

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La répartition complexe des 405 partenaires

Au 31 décembre 2019, les 40 fédérations intégrant le périmètre SPORT INDEX, et les ligues professionnelles qui leur sont rattachées, comptaient 405 accords de partenariats, pour 326 sponsors appartenant à 18 secteurs d’activités différents. Sans surprise, les partenaires les plus nombreux sont les équipementiers du sportif (84) et les équipementiers des infrastructures sportives (77), qui comptent pour 40% du total. Le deuxième secteur le plus représenté est celui des Services (55 partenariats) suivi de la Banque & Assurance (41), de la Santé (24), des Produits Alimentaires (19) et du secteur de l’Automobile (18).

Si l’on se focalise sur l’implantation des secteurs d’activités de ces partenaires au sein des 40 fédérations, on relève que les entreprises équipementiers du sportif sont présents dans 33 fédérations, dans 29 s’agissant des services et et 28 pour les équipementiers infrastructures. Si les entreprises de la banque (18 partenariats) et du transport/tourisme (15 partenariats) ne sont que 8e et 9e en termes de nombre brut de partenariats, elles sont cependant implantées dans respectivement 19 et 13 fédérations, faisant ainsi de ces secteurs les 5e et 6e secteurs les plus présents dans le sponsoring sportif.

Le même exercice a été réalisé sur une base limitée aux 80 principales entreprises (en termes de chiffre d’affaires). Il existe 117 partenariats entre les 40 fédérations étudiées par SPORT INDEX et ces 80 « partenaires majeurs ». Comparée au panorama précédent, la répartition en fonction des secteurs évolue : si les entreprises d’équipementiers du sportif restent majoritaires en  nombre de partenariats, la banque, l’assurance et l’automobile occupent une place beaucoup plus importante : ils représentent à eux trois 30% du nombre total de partenaires parmi ces « grandes » entreprises.

Plus précisément, les banques sont présentes dans 19 fédérations – on peut citer le Crédit Mutuel, partenaire de 5 fédérations (Gymnastique, Karaté, Lutte, Taekwondo et Volleyball), le Crédit Agricole, qui compte 3 partenariats (Football, Judo, Canoë-Kayak), comme la Caisse d’Epargne (Basketball, Handball, Ski).

Au global, 10 de ces « partenaires majeurs » sont au côté d’au moins 3 fédérations sportives différentes :

  • Services : La Poste compte 4 partenariats avec les fédérations de Football, de Handball, de Basket et de Rugby
  • Assurances : MMA (Baseball, Moto, Surf, Squash, Pétanque) et Generali (Badminton, Equitation, Sports de Glaces)
  • Energie : EDF (Natation, Ski, Canoë, Football)
  • Paris Sportifs : FDJ (Basket, Canoë, Cyclisme, Handball)
  • Equipementier du sportif : Adidas (Handball, Karaté, Taekwondo), Lacoste (Aviron, Badminton, Canoë, Golf, Lutte, Roller, Taekwondo, Tennis, Voile) qui est l’entreprise comptant le plus grand nombre de partenariats (9).

SPORT INDEX a également étudié la répartition par fédération de ces 80 entreprises au poids économique le plus important. Il en ressort de réelles disparités et certaines d’entre elles ne comptent aucun partenaire de cette taille. A titre d’exemple, la Fédération Française de Baseball compte 12 partenaires, mais aucun dans le « cercle des grands ».

Quels risques pour les fédérations d’assister à une fuite du sponsoring ?

Parmi les 18 secteurs d’activités présents au côté des Fédérations et des Ligues, certains subiront plus que d’autres les effets de la crise sanitaire. Du diagnostic établi par l’équipe SPORT INDEX, sur la base des réponses au sondage réalisé les 14 et 15 avril par NPA Conseil auprès de 435 professionnels des médias, des télécommunications et du sport business, est ressortie une échelle de risque d’impact économique à court et à moyen/long terme des différents secteurs présents aux côtés des fédérations ou ligues.

Cette échelle est graduée de 0 (risque nul) à 5 (risque maximal). Si certains secteurs comme les Télécoms, la Santé ou encore les Assurances ne semblent pas devoir être significativement impactés à court terme, on compte parmi ceux qui sont en première ligne  les secteurs du Tourisme et des Transports, des Paris Sportifs, des Médias et de la Publicité, ainsi que le secteur Automobile, qui a vu son activité chuté de plus de 90%.

A l’instar de l’exercice réalisé sur la répartition des sponsors, les risques ont également été calculés en fonction du poids économique des partenaires pour chaque fédération. Ce risque peut également varier si l’on engloble l’ensemble des partenaires, ou bien que l’on se focalise sur les partenaires au poids économique le plus important. En effet, comme il peut l’être analysé sur les deux graphiques suivants, si la fédération française de Hockey sur Glace compte parmi ses 11 partenaires un risque global estimé à 3,2, ce même risque affiné à ses partenaires les plus importants Air Transat (Transport) et Subaru (Automobile)), est accentué à 4,6 puisqu’ils intègrent des secteurs particulièrement à risque.

Les fédérations sportives présentent des risques économiques variables, en fonction de la nature de leurs partenaires, et de leur niveau d’exposition au risque. Ainsi, la Fédération Française d’Escrime, qui compte 5 sponsors, répartis dans les secteurs des Paris Sportifs, des Services, du Transport/Tourisme, des Equipementiers du Sportif et dans la Distribution hors Alimentaire, présente à court terme le risque le plus important de fuite ou de baisse de revenu de ses sponsors (4,2/5). A l’inverse, la Fédération Française de Moto, qui compte deux sponsors dans les secteurs Santé et Assurance présente le moins de risque à court terme (1,1). Parmi les fédérations du Top 5 du classement SPORT INDEX de Décembre 2019, Football et Rugby sont respectivement les 6e et 5e des fédérations les moins à risques, tandis celles du Basket, de l’Athlétisme et du Handball connaissent un risque supérieur à 3. La Fédération Française de Tennis, qui compte plus de 980 000 licenciés, est la 9e fédération la plus à risque, et la 4e si l’on se limite aux partenaires les plus importants.

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