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Elections dans les Fédérations sportives : l’enjeu du rajeunissement et de la féminisation des dirigeants

Ce samedi 26 septembre, c’est la Fédération d’Escrime qui a lancé le vaste mouvement quadriennal destiné à renouveler les instances dirigeantes du mouvement sportif français. D’ici au printemps, les élections se succéderont dans plus d’une trentaine de fédération, et c’est finalement la désignation d’un nouveau président pour le CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français) qui bouclera le processus fin juin.

C’est en principe au lendemain des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 que celui-ci aurait dû s’enclencher. Son calendrier a été maintenu malgré le report des J.O. et les résultats de la première fédération à voter ont toutes les chances de relancer le débat sur les conditions de ces désignations, sur les insuffisances de la parité au sein des organes dirigeants des fédérations et, plus largement, sur la gouvernance de ces dernières : la défaite d’Isabelle Lamour (45/55%, face à l’ancien armurier des équipes de France Bruno Garès) est aussi celle de la deuxième femme présidente d’une Fédération olympique. Nathalie Péchalat, qui a été élue présidente de la Fédération française des sports de glace en mars 2020 suite à la démission de Didier Gailhaguet, reste à ce jour, la seule femme à la tête d’une Fédération olympique.

La gouvernance au centre de la campagne

Ce samedi 3 octobre, la Fédération française de rugby sera la seconde à passer au vote. Bernard Laporte, candidat à sa propre succession pour un second mandat, sera opposé au président de la Ligue d’Ile-de-France Florian Grill.

La mise en garde à vue de l’actuel président, du 22 au 23 septembre 2020, en raison de soupçons de pressions sur les instances disciplinaires de la Fédération au profit du Montpellier Hérault Rugby, ajoutera un élément de tension supplémentaire au scrutin.

Plus globalement, les président(e)s sortant(e)s, et les équipes qui les entourent, devraient être évalués sur leur capacité à promouvoir les disciplines qu’ils/elles postulent à représenter (évolution du nombre de licenciés, performances sportives, développement des partenariats, situation financière…) mais aussi sur la gouvernance qu’il/elles proposent de leur appliquer.

Sur la première dimension, les statistiques d’évolution du nombre de licenciés publiées ce mardi 29 septembre par le ministère des Sports (lire par ailleurs) ne manqueront pas de s’inviter dans le débat. Les directions sortantes des fédérations d’équitation, de tennis, de cyclisme, d’haltérophilie, de rugby, de ski, de ski nautique, de surf et de taekwondo devraient notamment être interpelées sur le double recul constaté, par rapport à 2018 comme par rapport à 2014.

Quant à la gouvernance, les orientations proposées dans la période récente convergent notamment sur la promotion nécessaire de la place des femmes dans le mouvement sportif, qu’elles émanent du Conseil d’Etat, de l’association Rénovons le sport français, ou du rapport Lefèvre Bayeux (voir par ailleurs).

La boxe française en tête pour la féminisation de ses licenciés

Concernant la part des licenciées, les dirigeants des fédérations de boxe française (+12%), de boxe (+10,2%), de canoë-kayak (+9,8%), d’haltérophilie (+8,7%) et d’aviron (+7,9%) pourront mettre en avant le fait d’avoir enregistré les plus fortes progressions entre 2014 et 2019. A l’inverse, badminton (-0,1%), ski (-0,5%), golf (-0,8%), basketball (-1,5%) et volley ball (-2%) sont les seules à s’inscrire en négatif sur la même période.

Mais au-delà, le cas de la Fédération française de rugby illustre bien « l’objectif minimal de femmes aux plus hautes responsabilités (cercle des vice-présidents, secrétaires généraux et trésoriers notamment) » proposé par RLSF avec la place limitée, voire inexistante, qui y est faite aux femmes parmi les cadres opérationnels de la fédération, et plus encore, au niveau régional.

Appliquer la limitation à deux (RLSF) ou trois (Conseil d’Etat, rapport Lefèvre Bayeux) mandats consécutifs de président aboutirait enfin à écarter d’office Jean-Luc Arassus (Surf) et Philippe Lescure (Triathlon), tous deux à leur 5e mandat mais aussi Jean-Luc Rougé (Judo, 4e mandat), Didier Séminet (Base ball, 3e), Jean-Pierre Siutat (Basket Ball, 3e), Noël le Graët (Football, 3e), Alain Bertholom (Lutte, 3e), Jacques Bolle (Moto, 3e) ou Nicolas Deschaux (Sport automobile, 3e)[1].

André Martin, président de la Fédération française de boxe, a 82 ans. Il est le président le plus âgé, parmi les 41 fédérations étudiées par SPORT INDEX. A l’inverse, Natalie Péchalat (37 ans) est la benjamine.

[1] Serge Lecomte (Equitation), Pierre You (Escalade), Joël Delplanque (Handball) et Jean-Jacques Mulot (Aviron) qui ont également effectué au moins trois mandats, ne sont pas candidats à leur reconduction.

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