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Pour un mouvement sportif français à bout de souffle, l’Etat promet 400 M€ d’aides

Mis à l’arrêt pendant presque 6 mois cette année, et dans une situation toujours floue, l’ensemble du sport amateur et une partie du sport professionnel sont dans l’incompréhension face aux décisions gouvernementales et aux peu d’aides allouées à leurs structures. Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron du 26 octobre dernier, le CNSOF et 95 fédérations ont alerté sur un déclin sans précédent du sport français, dont les pertes, pour le seul sport amateur, sont estimées à plus d’un milliard d’euros. L’exécutif et le Président de la République ont annoncé mardi 17 novembre 400 M€ d’aides jusqu’en 2021.

L’ESSENTIEL

– Depuis le 26 octobre, les clubs sportifs tirent la sonnette d’alarme pour une prise de position du gouvernement et une aide financière de l’Etat

– Le sport amateur enregistre déjà 376 M€ de pertes : 3/4 des clubs ont perdu 25 % de leur recettes..

-Emmanuel Macron a promis d’ici 2021, 400 M€ d’aides par la création de fonds de compensation de pertes de licences et de billetterie, des aides aux familles pour le soutien des licences, ainsi que des exonérations de charges.

Lundi 26 octobre, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et 95 fédérations sportives ont lancé un signal d’alerte en adressant une lettre ouverte à Emmanuel Macron.

Intitulée « SOS : Sport en détresse », celle-ci souligne la situation des fédérations et clubs sportifs français « désemparés » par le manque de considération du gouvernement envers le secteur du sport fédéré. En effet, malgré la mise en place de protocoles sanitaires stricts, validés par les ministères chargé des Sports et de la Santé, et leurs améliorations en fonction de l’évolution de la pandémie, l’ensemble des événements sportifs amateurs a été annulé « à la dernière minute […] en raison d’une application excessive et injustifiée des mesures sanitaires par les autorités locales » indique la lettre.

L’incompréhension est d’autant plus forte que la pratique sportive, vectrice de bienfaits pour la santé et de lien social, est considérée comme un allié puissant face à la pandémie. Le Comité olympique et les 95 fédérations se sentent ainsi victimes d’une « stigmatisation aussi violente qu’infondée, car étayée par des éléments objectifs ». Le maintien « d’autres activités, y compris dans les zones les plus touchées par l’épidémie, mais pas la pratique du sport dans des zones pourtant plus préservées ? » ajoute à ce sentiment d’injustice.

Le message des acteurs du mouvement sportif français est clair : « Nous devons donc vivre [avec le virus] tant qu’il n’aura pas été vaincu mais nous ne voulons pas disparaître avant lui »

376 M€ de pertes : un point de non-retour si rien n’est fait

Le mardi 27 octobre, le CNOSF est passé à l’offensive en consultant les clubs fédérés à travers une enquête visant à estimer l’impact financier de la crise pandémique de la Covid 19.

Parmi les 44 144 clubs (sur les quelques 300 000 recensés en France) ayant participé à l’enquête, 74 % constatent une perte significative de 26 % de leur nombre de licenciés entre octobre 2019 et octobre 2020, soit près de 4 millions de pratiquants !

Ces chiffres illustrent bien la situation de crise à laquelle les instances sportives sont confrontées. Et « sur un échantillon représentatif de 36 000 clubs, le CNOSF constate déjà un déficit de recettes d’un montant de 376 millions d’euros pour ces clubs, dont 260 millions de pertes de cotisations et 116 millions de pertes « autres » » (subventions, partenariats, billetterie…).

Denis Masseglia, président du CNOSF, lors de son allocution au Sénat, alertait déjà fin octobre les sénateurs sur la situation plus que désastreuse des clubs professionnels et amateurs qui ne peuvent « perdre de l’argent éternellement ». Si un plan d’aide à hauteur de 122 M€ (dont 30 M€ pour les clubs et les fédérations) sur deux ans, a été annoncé en septembre par Jean Castex, il ne suffira pas à « sauver les clubs en difficulté et aider les autres à ne pas l’être ». Selon Denis Masseglia, c’est également tout le sport professionnel féminin qui tend à disparaître.

Nouvelles mesures gouvernementales à hauteur de 400 M€

Emmanuel Macron a bien entendu le signal d’alarme puisqu’il a tenu à rencontrer et à écouter, mardi 17 novembre, les représentants du sport amateur, professionnel et des entreprises, en visioconférence.

Quelles sont les mesures annoncées ?

Dans un premier temps, Emmanuel Macron souhaite la reprise des activités sportives pour les mineurs en clubs, courant décembre 2020 si la situation sanitaire le permet.

Dans la continuité du plan d’urgence, 15 M€ seront accordés aux plus petits clubs en difficulté en 2021. Pour contrebalancer la perte de leurs licenciés, les fédérations auront un crédit supplémentaire de 20 M€, correspondant à environ 6 % de leurs pertes financières, sous forme d’un fonds de compensation des pertes de licences.

D’autre part, le « Pass-port », soutien financier de l’ordre de 100 M€, sera mis en place en 2021 afin d’aider financièrement les familles en difficulté financière et les personnes en situation de handicap, en soutenant l’inscription ou la réinscription des jeunes dans les clubs. Ce dispositif d’aides serait d’environ 50 € par famille.

De plus, les structures amateurs et professionnelles se verront attribuer une aide de 107 M€ par la création d’un fonds de compensation de pertes de billetterie millions d’euros, allant jusqu’à 5 M€ par club masculin et fédération. En effet, le retour des spectateurs dans les stades et les salles fermées reste encore incertain. Il sera, à ce stade, réglementé par des jauges liées à la capacité d’accueil des différentes enceintes sportives et non plus fixées à 1 000 ou 5 000 spectateurs comme auparavant.

Enfin, 35 M€ d’exonérations de charges seront accordés par l’Etat pour les mois d’octobre à décembre 2020, représentant au total 105 M€ pour l’ensemble des clubs.

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