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Crise du Covid + Mediapro = 50 % de recettes en moins pour le football français

Après les premiers signes de défaillance de Mediapro, NPA Conseil avait évalué à 500 M€ le niveau de perte de chiffre d’affaires probable de la Ligue 1, au cours de la saison 2020/2021 pour les postes billetterie, merchandising et sponsoring. Donc hors droits TV. La confirmation de l’arrêt de Telefoot et second confinement obligent aggraver la prévision des pertes.

Lors de la saison 2018/2019, les revenus des clubs de la Ligue 1 avaient totalisé 1,9 Md€ (hors trading) :

  • 200 M€ de recettes de billetterie et assimilées,
  • 386 M€ du merchandising et des autres produits,
  • 415 M€ provenant du sponsoring,
  • 901 M€ des droits TV, dont deux tiers provenant du championnat national.

Au vu de la fréquentation autorisée / constatée lors des premières journées, de la phase de reconfinement qui a suivi et des incertitudes concernant le retour du public dans les stades, il apparaît difficile aujourd’hui de tabler sur un nombre supérieur à 1 500 spectateurs par match, en moyenne, sur l’ensemble de la saison, soit à peine 6,5 % des 22 800 entrées enregistrées lors de la saison 2018/2019, et une perte qui devrait approcher les 190 M€ sur la billetterie.

L’étude conduite au mois d’octobre avait confirmé, par ailleurs, la forte corrélation entre les postes billetteries et merchandising. La perte d’au moins 90 % du chiffre d’affaires du premier devrait se traduire par un manque proche ou équivalent pour le second, soit 360 M€ de manque à gagner sur le merchandising.

Concernant le sponsoring, l’hypothèse d’une perte de 20 %, vers laquelle convergeaient les experts interrogés en octobre, apparait aujourd’hui comme excessivement optimiste,

compte tenu des développements intervenus depuis et, notamment, de l’incapacité des clubs à honorer les prestations d’hospitalité. On retiendra aujourd’hui un taux de 30 %. Pour les clubs, il devrait donc en résulter une baisse d’au moins 125 M€ de leur revenu de sponsoring.

L’impact de la seule crise sanitaire doit donc être réévalué à 675 M€, a minima, pour la saison 2020/2021.

Reste le sujet des droits TV. Compte tenu des deux échéances qui n’ont pas été versées par Mediapro, et si le montant annoncé du « solde de tout compte » versé par ce dernier est confirmé à 100 M€, la Ligue et les clubs qui la composent, y laisseront donc au moins 250 M€.

Cela porte au-delà de 900 M€, au minimum, la perte que le « combo » Covid / Mediapro aura entraîné pour les clubs de Ligue 1. Compte tenu des conditions encore incertaines d’attribution des droits TV à un nouveau diffuseur, de la très forte probabilité que l’opération se conclue à des niveaux très sensiblement inférieurs à ceux qui avaient été prévu, et d’un calendrier qui reste à préciser, il apparaît probable qu’une petite centaine de millions d’euros, au moins, s’ajoute à l’addition, portant le total au-dessus du seuil du milliard. En d’autres termes : le football professionnel français – les clubs de Ligue 1 en tout cas – auront perdu cette année plus de la moitié des recettes qu’ils avaient engrangé lors de la saison 2018/2019.

Des stades également vides dans les principaux championnats européens

 Si la défaillance de Mediapro amplifie les effets de la crise à laquelle le football professionnel français fait face, la situation de nos voisins n’est pas (beaucoup) plus enviable sur le terrain de la billetterie, compte tenu des restrictions imposées par les différentes autorités sanitaires en raison de la crise sanitaire.

Allemagne : le durcissement de l’épidémie a conduit les autorités à revenir sur la capacité, envisagée mi-septembre, d’accueillir les spectateurs à raison de 20 % de la jauge des 18 stades de la Bundesliga.

Depuis le début de la saison, on compte à peine 2 000 spectateurs par rencontre, soit 36 000 par journée, contre près de plus de 780 000 lors de la saison 2018/2019.

 Grande Bretagne : dans le cadre du protocole de déconfinement mis en œuvre depuis le 2 décembre, la moitié des 20 clubs de Premier League (Brighton, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Fulham, Liverpool, Southampton, Tottenham, West Ham et Arsenal) est autorisée à accueillir 2 000 spectateurs par match, les dix autres équipes restant pour l’heure soumises au huis clos.

La billetterie maximale s’établit ainsi à 20 000 spectateurs par journée, contre plus de 760 000 lors de la saison 2018/2019.

Espagne : le huis clos reste de vigueur dans les 20 stades de La Liga. Lors de la saison 2018/2019, le championnat avait accueilli, en moyenne, près de 540 000 supporters par journée.

Italie : alors qu’une jauge de 1 000 spectateurs par rencontre avait été évoquée mi-septembre, la réalité des premières journées semblait à peine supérieure à 500, en moyenne, soit 10 000 à 20 000 spectateurs par journée pour les 20 clubs de la Serie A, contre plus de 500 000 en 2018/2019.

Source : NPA Conseil sur données footmercato.net, mondedufoot.fr et transfermarkt.fr

 

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