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Semaine du sport féminin organisée par le CSA : la progression de la place des sportives

A l’occasion de l’édition 2021 de l’opération « Sport au Féminin », initiée par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), qui se déroule du 17 au 24 janvier, SPORT INDEX analyse la place des femmes dans le sport : la médiatisation du sport féminin à l’écran, leur représentation dans la gouvernance des fédérations sportives, ainsi que le développement de la pratique sportive féminine.

L’ESSENTIEL

-L’édition 2021 de l’opération « Sport au Féminin » initiée par le Conseil Audiovisuel Sportif (CSA), qui a pour but de promouvoir la pratique du sport féminin, se déroule du 17 au 24 janvier.

-En 2020, la retransmission des épreuves de sport féminin à la télévision représentait 18 % du nombre total de compétitions sportives diffusées en clair, contre 7 % en 2014.

-Le volume horaire et le nombre de téléspectateurs du sport féminin sur les chaînes en clair (hors La Chaîne l’Equipe) a été multiplié par 3 entre 2011 et 2019.

-Le renouvellement des présidents dans les fédérations sportives s’est accompagné d’une féminisation globale des instances dirigeantes.

Comme chaque année depuis 2014, la Journée internationale du sport féminin est célébrée le 24 janvier. Cette manifestation, qui a pour but de mettre en lumière la pratique sportive des femmes, et, plus largement, leur place dans le monde du sport, a été créée à la suite d’un constat du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) sur la sous-médiatisation du sport féminin : en 2012, sur un échantillon de 12 chaînes gratuites et payantes, seulement 7 % des épreuves sportives diffusées étaient des compétitions féminines.

Depuis 2017, l’initiative du CSA, organisée en partenariat avec le ministère des Sports, le secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, avec le soutien du Comité national olympique sportif et français (CNOSF) et le Comité paralympique sportif français (CPSF), prend la forme d’une opération de médiatisation connue sous le nom de « Sport Féminin Toujours ».

L’édition 2021, la 4e du genre, qui se déroule du 17 au 24 janvier, est consacrée à l’impact de la crise sanitaire sur le sport féminin. La conférence de présentation s’est tenue au siège du CSA, – mardi 19 janvier, en présence des ministres Jean-Michel Blanquer (l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (Éducation nationale, Jeunesse et  Sports), Roxana Maracineanu (déléguée aux Sports) et Elisabeth Moreno (chargée de l’Égalité hommes  femmes..).

Roch-Olivier Maistre, président du CSA, a tenu à rappeler l’objectif majeur de cette mobilisation collective : promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes.

Il s’agit de « Mobiliser et sensibiliser », selon les mots de Nathalie Sonnac, membre du collège du CSA, afin de donner une nouvelle impulsion à la féminisation du sport, d’ancrer le sport féminin dans les usages et d’encourager la diversité des sports sur les antennes et radios. En effet, grâce à la participation de plus de 30 chaînes de télévision en 2019, et à l’élan qui s’en est suivi, le taux de compétitions sportives féminines est passé à 18 % des retransmissions de compétitions sportives en 2020. Mais ce n’est pas encore assez pour la conseillère du CSA, qui a déclaré que « si nous avons gagné une bataille […] nous n’avons absolument pas gagné la guerre » puisque le « fameux plafond de verre de 20 %. » n’a pas encore été brisé.

Pour cette quatrième édition, le CSA a mis en place la campagne digitale #PlusDeSportAuFéminin, ouverte à tous et toutes, permettant à chacun de partager des exploits et des événements marquants sur Facebook, Twitter et Instagram.

Une présence plus importante à la télévision en clair malgré un ralentissement dû au Covid-19

Si en 2020 les compétitions féminines n’ont pas échappé, comme l’ensemble des épreuves sportives, à une réduction de leur exposition à cause de la situation sanitaire, entraînant reports ou annulations, l’augmentation de leur visibilité à la télévision est régulière sur la dernière décennie.

En effet, entre 2011 et 2019, le volume horaire du sport féminin (hors La Chaîne l’Equipe) a progressé de 248 %, pour passer de 44 heures il y a 10 ans, à 148 heures en 2019. Lors des 3 dernières années impaires (2019, 2017 et 2015), coïncidant avec la tenue des grandes compétitions sportives internationales féminines, le volume horaire du sport féminin a dépassé la centaine d’heures. En 2021, cette progression aurait dû s’intensifier, mais le report de l’Euro de football féminin, diffusé notamment par TF1, de juillet 2021 à juillet 2022, va réduire l’exposition médiatique du sport féminin à la télévision cette année.

Source : SPORT INDEX sur données Médiamétrie

Parallèlement à la progression du volume horaire, la diffusion des compétitions féminines rassemble de plus en plus de téléspectateurs. Au long de ces dix dernières années, le nombre moyen de téléspectateurs a été multiplié par 2, voire par 3 en fonction des années paires et impaires. Et si l’on pouvait penser que l’année 2019 était exceptionnelle pour les audiences du sport féminin (en moyenne, les diffusions des compétitions féminines ont réuni 1,57 millions de téléspectateurs  en 2019), franchissant pour la première fois la moyenne du million de téléspectateur (M de tlsp), la tendance s’est maintenue en 2020. Malgré une faible diffusion (23 heures), 1,04 million de téléspectateurs se sont rassemblés devant chaque épreuve féminine diffusée l’an dernier, avec notamment un pic d’audience atteint lors de la finale du Championnat d’Europe de Handball : il a réuni sur TF1 le 20 décembre dernier plus de 3,7 M de tlsp pour 19,1 % de PdA.

Source : SPORT INDEX sur données Médiamétrie

La féminisation des dirigeants dans les fédérations sportives

Depuis septembre, 25 fédérations intégrant l’étude SPORT INDEX ont élu leur nouveau président et ainsi renouvelé leurs instances dirigeantes. Le constat est clair : les changements de présidents se sont accompagnés d’une féminisation quasiment globale. En effet, avant les élections la part de femmes dans l’équipe dirigeante réduite (Bureau) et l’équipe dirigeante large (Comité directeur) des fédérations était respectivement de 31 % et 36 % en moyenne. A mi-parcours, en attendant les élections pour les 15 autres fédérations, le taux de féminisation a augmenté de 6 points dans la première, et de 5 points dans la deuxième.

La fédération française de Gymnastique, troisième fédération en termes de part de licenciées féminines (82,9 %), après la fédération de Sports de Glace (87,3%) et d’Equitation (83,2%), est la seule à avoir atteint la parité après renouvellement, dans ses deux instances. La Fédération française de Handball est la deuxième à avoir un nombre égal de femmes et d’hommes dans sa première instance dirigeante (réduite), mais a connu une baisse d’environ 12 % de son nombre d’élues dans sa seconde instance (large). Sur les 25 fédérations, 10 ont connu une progression considérable (entre 7 % et 15 %) de la part de femmes dans leur équipe dirigeante réduite, tandis que seulement 2 l’ont vue baisser : la Fédération française de Badminton (-6 pts) et la Fédération française de Rugby (-3 pts).

L’équipe dirigeante large s’est féminisée dans 13 fédérations, dont 3 qui ont connu une augmentation de la part des femmes de plus de 15 points : la Fédération française de Judo (+16,7 pts), de Canoë-Kayak (+16,2 pts), de Golf (15,6 pts).

Pourtant, seulement deux femmes sont à la tête d’une fédération sportive : Natalie Péchalat (FFSG) et Isabelle Jouin (Fédération française de Hockey).

En ce qui concerne la représentation des femmes présidentes des Ligues Régionales et dans les Directions Techniques Nationales, les chiffres avant réélections des dirigeants des 40 fédérations sportives étudiées par SPORT INDEX, témoignent d’une inégalité de représentation encore bien ancrée : en moyenne, seulement 14 % des présidents des Ligues Régionales  étaient des femmes, et 25 % des DTN de ces fédérations.

La pratique sportive féminine

Le nombre de licenciées féminines et la part des femmes du nombre total de licenciés ont augmenté régulièrement dans les 40 fédérations sportives étudiées par SPORT INDEX. Depuis 2014, la pratique du sport féminin dans les clubs a augmenté de 8,4 % et c’est la Fédération française de Canoë Kayak qui a connu la plus forte progression de son nombre de licenciées : +143  % en 5 ans.

En 2019, plus de 3 millions (3 032 029) licences sportives féminines ont été délivrées (+2,7 % par rapport à 2018), dont 513 000 par la Fédération française d’Equitation qui compte le plus grand nombre de pratiquantes. Les femmes représentent désormais le tiers (33,6 %) du nombre total de licenciés. Cependant seulement 5 fédérations ont un nombre de licenciées féminines supérieure à leur nombre de licenciés masculins : la Fédération française de Sports de glace (87,3 % de femmes), d’Equitation (83,2 %), de Gym (82,9 %), de Natation (54,5 %) et de Roller Sports, nouvelle discipline olympique (52,8 %).

Les fédérations où les femmes sont le moins représentées sont celles de Rugby (10,1 %), de Football (8,4 %), et de Moto (6 %). Pourtant, pour les deux premières, leur progression sur les 5 dernières années est significative : +60 % de femmes au sein de la FFR ; +50 % pour la FFF.

Co-écrit avec Tracy AHOUANGONOU

Sport Index

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