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Le piratage audiovisuel coûte un milliard et les nouvelles pratiques inquiètent

Réalisée fin 2020, l’étude CSA/Hadopi sur le piratage audiovisuel et sportif met en évidence le manque à gagner causé aux diffuseurs par le visionnage illicite de contenus sur internet, portée notamment par le sport et le streaming en live. Si des réponses législatives sont en préparation pour essayer d’endiguer le phénomène, de nouvelles pratiques existent.

 

Denis Rapone, président de la Hadopi, affirmait en décembre dernier que « depuis la création de la Hadopi, les pratiques du piratage ont diminué ». En effet, en 2019 22 % des internautes ont consommé de manière illicite des contenus audiovisuels, contre 32 % en 2010[1].

Toutefois, les niveaux de piratage restent encore très élevés : en 2019, selon l’étude CSA/Hadopi sur le piratage audiovisuel et sportif, 11,8 millions d’internautes, en moyenne, ont consommé chaque mois des contenus protégés de manière illégale. Pendant le premier confinement au printemps, ce chiffre a atteint son plus haut, puisque 13,6 millions de Français, en moyenne, ont eu recours à ces pratiques entre mars et avril 2020.

Au total, selon la Hadopi, le manque à gagner lié au piratage est de 1,03 Md€. En 2019, le chiffre d’affaires du marché de l’audiovisuel en France représentait 9,53 Mds€. Il se répartit principalement entre les éditeurs TV (31 % du CA total), les producteurs (25%) et l’Etat (15% – par la TVA). Ces acteurs sont aussi les plus touchés en termes de manque à gagner : 211 M€ pour les producteurs, 188 M€ pour les éditeurs vidéos, et 164 M€ pour l’Etat, soit 563 M€ au total.

Evaluation de la répartition du manque à gagner économique issu de la consommation illicite par type d’acteur (%)

Source : Etude CSA/Hadopi

Du côté de l’audiovisuel sportif, la consommation pirate affecte directement les diffuseurs de télévision payante. Le manque à gagner est évalué à plus de 30 % du chiffre d’affaires total des diffuseurs de TV payante (RMC Sport, beIN Sports, Canal+ et Eurosport), soit près de 80 M€ sur un total de 260 M€.

Selon Denis Rapone, si les téléchargements de contenus ont fortement diminué, l’augmentation de la consommation de contenus par la voie du streaming, ainsi que le recours à l’IPTV, expliquent un nombre de « pirates » toujours aussi élevé. Concernant cette dernière pratique, on estime qu’elle représente entre 7 et 15 % de l’audience globale des événements sportifs, et qu’elle augmente au fil du temps.

S’agissant du streaming, et en complément des sites spécialisés plus ou moins référencés, de simple posts sur les réseaux sociaux suffisent désormais à regarder des matchs en direct. C’est notamment le cas sur Twitter, où il suffit pour certains événements de taper le hashtag de la rencontre dans le moteur de recherche de la plateforme pour y accéder (ex : #PSGOM). Le match s’affiche en bonne qualité, commenté en français, et avec la possibilité, grâce aux fonctionnalités du réseau social, de passer la fenêtre de visionnage en grand écran. A titre d’exemple, NPA Conseil a pu constater que les deux rencontres de Ligue des Champions du 17 février dernier ont attiré 23 000 spectateurs illicites sur Twitter. Multiplié par le prix d’un abonnement mensuel à RMC Sport, qui diffusait la rencontre, le manque à gagner se situe entre 207 000 € et 575 000 € selon le type d’abonnement (9€, 19€ ou 25€ par mois).

[1] Etude CSA/Hadopi sur le piratage audiovisuel sportif, P.31.

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