Rupture immédiate du contrat de Dakuwaqa : Biarritz réagit à l’agression d’un joueur

Ce que dit exactement le communiqué du club, et où en est la procédure judiciaire au 1er septembre 2026.

Publié le 12 février 2025 · Vérifié et mis à jour le 1ᵉʳ septembre 2026 · Pro D2 — Biarritz Olympique
Mise à jour du 1ᵉʳ septembre 2026
Cet article a été publié le 12 février 2025, deux jours après l’annonce du club et avant tout jugement. La procédure pénale est depuis allée à son terme : elle est détaillée plus bas. Sa version initiale présentait la rupture du contrat comme une sanction disciplinaire et évoquait des « poursuites à venir » ; le communiqué du club et le calendrier judiciaire disent autre chose, et ce sont eux qui font foi ici.

Le 10 février 2025, le Biarritz Olympique Pays Basque a annoncé « la rupture immédiate du contrat » de Masivesi Dakuwaqa, troisième ligne fidjien arrivé au club en 2024. En cause : les faits survenus dans la nuit du 30 au 31 janvier 2025 à Anglet, au cours desquels son coéquipier Pierre Pagès a été blessé. Voici ce que dit exactement le club, ce que dit la chronologie, et ce qu’a jugé le tribunal depuis.

L’essentiel #

  • Quoi — Le BOPB a rompu le contrat de Masivesi Dakuwaqa. Son communiqué précise qu’il a été « convenu d’un commun accord » de mettre fin à la collaboration : ce n’est pas la formulation d’un licenciement disciplinaire unilatéral.
  • Quand et qui — Faits dans la nuit du 30 au 31 janvier 2025 à Anglet ; mise à pied à titre conservatoire ; annonce de la rupture le 10 février 2025 par communiqué officiel, relayé le jour même sur le compte X du club (@BOPBweb).
  • Où en est l’affaire — Jugé le 30 mai 2025 par le tribunal judiciaire de Bayonne en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), Masivesi Dakuwaqa a été condamné à 8 mois de prison avec sursis et 300 € d’amende.

Un incident qui a secoué le club : ce que l’on sait des faits #

Les faits remontent à la nuit du 30 au 31 janvier 2025, à Anglet, à l’issue d’une soirée entre joueurs fortement alcoolisée. Masivesi Dakuwaqa a mordu au visage son coéquipier Pierre Pagès, demi de mêlée passé par le Stade toulousain. Ce dernier a été transporté par les secours aux urgences d’Aguiléra. Le troisième ligne a été placé en garde à vue dans la foulée, puis est ressorti libre.

Le Biarritz Olympique avait alors prononcé une mise à pied à titre conservatoire, le temps de mener une enquête interne. À ce stade — celui auquel cet article a d’abord été écrit —, aucune juridiction ne s’était prononcée : Masivesi Dakuwaqa était mis en cause, il n’était pas condamné. La distinction n’est pas de forme : elle sépare une accusation d’un jugement.

À lire Calendrier de Pro D2 : Brive et Vannes en ouverture, Grenoble termine la saison

La décision du Biarritz Olympique, mot pour mot #

Le 10 février 2025, le club a rendu sa décision publique par un communiqué officiel, relayé le jour même sur son compte X. Sa formulation est précise, et elle mérite d’être lue telle quelle plutôt que résumée :

« Le Biarritz Olympique Pays Basque annonce la rupture immédiate du contrat de Masivesi Dakuwaqa. À l’issue de l’enquête interne menée par le Club, les faits reprochés à Masivesi Dakuwaqa ont rendu impossible la poursuite de son engagement avec le club. Il a été convenu d’un commun accord, de mettre fin à sa collaboration avec le BOPB. »Communiqué du Biarritz Olympique Pays Basque, 10 février 2025

Le club n’ajoute qu’une phrase, et s’y tient : « Le BOPB tient à réaffirmer son attachement aux valeurs du club et ne fera aucun autre commentaire sur cette décision. » On n’y trouve donc ni prise de position générale contre la violence, ni engagement sur un « environnement sain et respectueux » : le communiqué s’arrête là, et lui attribuer davantage serait lui faire dire ce qu’il ne dit pas. La dernière apparition de Masivesi Dakuwaqa sous le maillot biarrot remontait au 16 janvier, lors de la défaite des hommes de Boris Bouhraoua face à Agen.

Le soutien du club à Pierre Pagès #

Avant l’annonce de la rupture, le directeur sportif du BO, James Coughlan, déclarait à Rugbyrama : « Désormais, on va tout faire pour le soutenir dans ce moment difficile. Lui et sa famille pourront compter sur nous, pour un suivi sur le plan médical et mental. » Le demi de mêlée pouvait, comme le club, se constituer partie civile afin de faire évaluer ses préjudices. Il a repris l’entraînement avec le Biarritz Olympique le 17 février 2025, d’abord en retrait des ateliers avec contact.

Où en est la procédure judiciaire #

  • Nuit du 30 au 31 janvier 2025Les faits, à Anglet. Garde à vue de Masivesi Dakuwaqa, puis remise en liberté. Mise à pied à titre conservatoire prononcée par le BO.
  • 10 février 2025Le club annonce la rupture immédiate du contrat, « d’un commun accord », à l’issue de son enquête interne.
  • 30 mai 2025Audience devant le tribunal judiciaire de Bayonne, en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) — une procédure qui suppose que le prévenu reconnaisse les faits.
  • Peine prononcée8 mois de prison avec sursis et 300 € d’amende, pour des violences aggravées — incapacité totale de travail supérieure à 8 jours, faits commis sous l’emprise de l’alcool — et une dégradation, la vitre d’un véhicule ayant été brisée.
  • Intérêts civils251 € au titre du préjudice matériel et 400 € au titre du préjudice moral ont été alloués à une tierce personne, dont le véhicule avait été endommagé. Une audience sur les intérêts civils était annoncée pour septembre 2025 ; son issue n’a pas été rendue publique, et cet article ne la documente donc pas.

Devant le tribunal, Masivesi Dakuwaqa a reconnu les faits et déclaré, selon les comptes rendus d’audience concordants, que « ça n’aurait pas dû arriver ». L’avocat de Pierre Pagès a fait état des séquelles psychologiques de son client. Le joueur a terminé la saison 2024-2025 au CA Périgueux, en Nationale, avant de s’engager avec le club de Nice, où il évoluait encore lors de la saison 2025-2026.

À lire Pierre Pagès fait son retour à l’entraînement avec le Biarritz olympique après une agression

À retenir #

  • La « rupture immédiate du contrat » est bien la formule du club — mais le même communiqué parle d’une fin de collaboration convenue d’un commun accord, pas d’une sanction disciplinaire unilatérale.
  • Le 12 février 2025, date de première publication de cet article, Masivesi Dakuwaqa était mis en cause et non condamné : il était ressorti libre de garde à vue et attendait son audience.
  • La qualification retenue par la justice est « violences » aggravées et « dégradation » — et non « agression », qui est un mot de presse, pas une qualification du code pénal.
  • L’affaire a été jugée : 8 mois de prison avec sursis et 300 € d’amende, le 30 mai 2025, à Bayonne, en CRPC.
La « rupture immédiate du contrat » est-elle un licenciement pour faute ?
Pas selon le communiqué du club. Le BOPB annonce bien une « rupture immédiate », mais il écrit dans la même phrase qu’il a été « convenu d’un commun accord, de mettre fin à sa collaboration ». Il décrit donc une fin de contrat négociée, à effet immédiat, et non une sanction disciplinaire imposée unilatéralement.
Quelle qualification pénale a été retenue contre Masivesi Dakuwaqa ?
Des violences assorties de circonstances aggravantes — incapacité totale de travail supérieure à 8 jours et faits commis sous l’emprise de l’alcool — ainsi qu’une dégradation, pour la vitre d’un véhicule. Le mot « agression », employé par le club comme par la presse, décrit les faits mais n’est pas la qualification juridique.
A-t-il été condamné, et à quoi ?
Oui. Le 30 mai 2025, le tribunal judiciaire de Bayonne l’a condamné à 8 mois de prison avec sursis et 300 € d’amende, à l’issue d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Cette procédure implique que le prévenu ait reconnu les faits devant le procureur, la peine étant ensuite homologuée par un juge.
Dans quel club joue-t-il depuis son départ de Biarritz ?
Il a terminé la saison 2024-2025 au CA Périgueux, en Nationale, puis s’est engagé avec le club de Nice, où il évoluait encore lors de la saison 2025-2026.
Comment va Pierre Pagès ?
Il a repris l’entraînement avec le Biarritz Olympique le 17 février 2025, en restant d’abord à l’écart des exercices avec contact. Au-delà de ce que le club et son avocat ont rendu public, son état de santé relève de sa vie privée : cet article ne le documente pas davantage.

Sources #

10/02/2025Rugbyrama — « Biarritz annonce la rupture immédiate du contrat de Masivesi Dakuwaqa » : l’annonce du club et le texte du communiqué.
30/05/2025Rugbyrama — « Masivesi Dakuwaqa condamné à de la prison avec sursis » : le compte rendu de l’audience du 30 mai 2025.
30/05/2025ici.fr — « Masivesi Dakuwaqa condamné à 8 mois avec sursis » : la peine, les qualifications retenues et les intérêts civils.

23 avis sur « Rupture immédiate du contrat de Dakuwaqa : Biarritz réagit à l’agression d’un joueur »

Partagez votre avis

A lire aussi : développeur full-stack freelance | agence web 123web